Tout savoir sur l’isolation thermique

Tout savoir sur l’isolation thermique

Albert, Rédacteur, Isère

Guide écrit par:

Albert, Rédacteur, Isère

90 guides

Facteur de confort dans l’habitat, l’isolation thermique s’impose dans les logements neufs par la RT 2012. Côté rénovation, plusieurs solutions existent : isolation extérieure (ITE) ou intérieure. Laine de verre, isolant en vrac, isolation du toit, isolation des murs : nos conseils pour avoir une maison bien isolée.  

Caractéristiques importantes

  • Les ponts thermiques
  • Conductivité thermique
  • Isolant naturel
  • Isolant synthétique
  • Réglementation
  • Aide de l'état
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Pourquoi améliorer l’isolation thermique


Il ne reste plus guère de doute sur la nécessité de réduire les dépenses énergétiques, aussi bien sur le plan économique que pour la préservation de l’environnement. C’est un enjeu de société qui nous concerne tous. L’isolation thermique fait partie des mesures qui vont dans ce sens.

En 2007, le Grenelle de l’environnement a accéléré le développement d’une série de réglementations, certifications et autres dispositifs légaux visant la performance énergétique des habitations. La RT 2012 pour les constructions neuves, est le dernier en date.

Les matériaux isolants utilisés actuellement sont conçus dans un cadre réglementaire de plus en plus strict pour favoriser la performance thermique des logements neufs et de limiter ainsi l’utilisation du chauffage ou de la climatisation.

Pour les logements anciens, les solutions pour améliorer l’isolation thermique sont nombreuses et chacun peut y trouver son compte : les produits isolants sont souvent très performants, néanmoins leur coût reste inégal.

Évidemment, améliorer l’isolation thermique est une décision très pertinente qui est synonyme de substantielles économies sur la facture énergétique. Cependant, il s’agit aussi d’un investissement qui peut facilement décourager.

D’autre part, une isolation thermique faite sans tenir compte de certains facteurs peut s’avérer inefficace et même, dans certains cas, produire des effets négatifs. Avant de se lancer, il convient donc de connaître quelques informations utiles pour faire le bon choix.

Travaux d’isolation thermique : les priorités


Les produits d’isolation thermique sont nombreux et les parties d’un logement à isoler le sont tout aussi. Avant de se lancer dans les travaux d’isolation, il convient d’observer quelles sont les parties du bâtiment à isoler en priorité.

En effet, il faut savoir qu’en règle générale, chaque partie du logement a des déperditions thermiques différentes, c’est-à-dire une perte de chaleur de l’intérieur à l’extérieur en hiver, et une absorption de la chaleur extérieure en été.

Moyennes de déperdition thermique d’une maison non isolée

Déperdition d’une maison

Valeur de déperdition

Fenêtres

10 à 15 %

Toiture

25 à 30 %

Murs

20 à 25 %

Air renouvelé

20 à 25 %

Sol

7 à 10 %

Ponts thermiques

5 à 10 %

Pour une maison non isolée, la toiture est à traiter en priorité ; l’idée selon laquelle ce sont les fenêtres qui doivent être prioritaires est inexacte, à moins que la toiture et les murs du logement soient déjà efficacement isolés.

Pour avoir le cœur net, il convient de faire appel à un professionnel pour réaliser un diagnostic thermique. Plus complet que le diagnostic de performance énergétique, le DPE, imposé pour la location ou la vente d’un logement, le diagnostic thermique chiffre les performances énergétiques du logement et préconise des travaux, tout en précisantla répercussion sur la consommation et sur le confort de votre habitation.

Conductivité et résistance thermique des matériaux d’isolation


Les matières isolantes sont nombreuses, et leur présentation très diverse : panneaux rigides, semi-rigides, rouleaux, vrac, flocage… Cependant elles possèdent deux propriétés thermiques qu’il convient de connaître afin d’opérer un choix raisonné :

  • la conductivité thermique, le coefficient lambda λ, s’exprime en W/m.K (Watts par mètre par Kelvin), indique la capacité de transfert de chaleur d’un milieu à un autre (intérieur, extérieur), plus sa valeur est moindre, plus le matériau est isolant ;
  • la résistance thermiqueR, exprimée en m²K/W (épaisseur par Kelvin par Watt), plus la valeur est élevée, plus l’isolation est importante, à épaisseur égale.

Ces deux valeurs sont indiquées sur leur étiquetage et sur la fiche technique de chaque produit, de même que l’épaisseur. Le marquage « CE » indique que le produit est conforme aux normes européennes.

Le logo ACERMI, atteste que les informations fournies par le fabricant ont été vérifiées par cet organisme de certification indépendant et que le produit possède un pouvoir isolant performant.

Les matériaux isolants appartiennent à quatre catégories principales selon leur origine : minérale, végétale, animale et synthétique. A continuation, vous trouverez les plus couramment utilisés, leur présentation et utilisations, leurs avantages et inconvénients.

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Matériaux isolants

Laine de roche, laine de verre et perlite


D’origine minérale, il s’agit de grands classiques de l’isolation. Leur performance thermique est tout à fait honorable (0,032 et 0,04 W/m.K), ils se présentent en rouleaux, panneaux ou en vrac. Ils sont très largement utilisés en isolation intérieure, principalement pour isoler toitures et combles.

Leurs avantages sont leur faible coût et leur imputrescibilité. Néanmoins, ils se tassent avec le temps et l’humidité les rend inefficaces, leur production nécessite beaucoup d’énergie, ils sont faiblement recyclables et leur manipulation doit se faire en utilisant des équipements de protection individuelle (masque de protection de voies respiratoires, gants, lunettes de sécurité) du fait de leur irritabilité pour la peau, les yeux et les voies respiratoires.

Béton cellulaire et monomur

Sous forme de blocs, le béton cellulaire est issu d’un processus de mélange d’eau, de sable, de ciment, d’aluminium et d’air. Quant à la brique monomur, fabriquée à partir de terre cuite, elle est, à la différence de la brique classique, épaisse et alvéolée.

Ces deux matériaux sont incontournables pour la construction de murs et cloisons assurant une isolation thermique performante conformément aux préconisations de la RT2012. Ils sont légers et leur fabrication demande moins d’énergie que pour les matériaux plus classiques.

Côté prix, ils sont très intéressants, leur coût étant équivalent voire moindre que celui des constructions faites avec des matériaux plus classiques.L’inconvénient, pour le béton cellulaire, est une certaine friabilité et uneisolation acoustique médiocre. Pour la mise en œuvre des deux matériaux, un certain niveau de technicité est nécessaire, étant souvent préférable de faire appel à un artisan.

D’autre part, bien que produisant des murs plus isolants que ceux réalisés avec des matériaux traditionnels, il faut, dans les régions froides, prévoir une isolation supplémentaire, ce qui limite leur intérêt.

A noter que le béton cellulaire est aussi utilisé pour l’isolation des planchers et pour la construction de bardages.

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Bardages

Les isolants naturels


D’origine animale ou végétale, les isolants naturelsoffrent de nombreux avantages. Sous forme de panneaux, plaques, rouleaux, dalles, ou encore en vrac, ils sont performants en termes d’isolation thermique.

Parmi eux, on peut citer la fibre de bois, l’ouate de cellulose, la laine de chanvre, le liège, le lin, la laine de mouton, la laine de coton ou encore la laine de canard.

Outre leurs qualités isolantes, leur fabrication demande peu d’énergie et ils sont recyclables. Ils sont largement préconisés dans le cadre de la RT2012 et pour l’habitat écologique.

Leur inconvénient est le prix relativement élevé pour certains d’entre eux, tels que la laine de mouton, par exemple.

Les isolants synthétiques


Il existe deux principaux types d’isolants synthétiques : le polystyrène et le polyuréthane.

Le polystyrène est obtenu à partir d’hydrocarbures expansés à la vapeur d’eau et présente une structure à pores ouverts. Le polystyrène extrudé est soumis à l’action d’un agent gonflant qui produit une structure à pores fermés. Ils sont présentés généralement sous forme de panneaux.

Le polyuréthane est un polymère, c’est-à-dire un produit issu d’une réaction chimique entre composants d’origine organique. Il est peu compressible et possède une structure fermée. Il se présente sous forme de mousses ou de panneaux.

Performants sur le plan de l’isolation thermique (entre 0,028 et 0,035 W/m.K) et de faible coût, les isolants synthétiques présentent cependant de nombreux inconvénients : dégagement de gaz toxiques en cas d’incendie, aucune capacité de respiration, non recyclables, dégradables par les rongeurs et nécessitant d’une très forte consommation d’énergie pour leur production.

Les vérifications avant travaux


Avant de se lancer dans les travaux d’isolation il convient de s’assurer que la ventilationde l’habitation fonctionne correctement.

En effet, les travaux d’isolation réalisés dans une habitation mal ventilée peuvent provoquer des phénomènes de condensation ou faire apparaître de l’humidité, ce qui bien évidemment, rend les travaux contre-productifs.

Il faut s’assurer également que les murs sont sains, si ce n’est pas le cas, il faut remédier le problème existant en s’attaquant à sa source.

Dans le cas des toitures, avant de les isoler, il faut inspecterminutieusement l’état des poutres, chevrons et autres éléments constitutifs de la charpente et les réparer ou les remplacer si nécessaire.

Comment isoler la toiture et les combles

L’isolation de la toiture est la première étape de tous les travaux d’isolation thermique. Le potentiel d’économies est en effet particulièrement intéressant, la déperdition thermique de la toiture représente, à elle seule, à près de 30% de l’ensemble du logement !

Il existe plusieurs techniques pour isoler la toiture et les combles.

Isolation par l’extérieur


Très peu utilisée, cette technique est intéressante pour une réfection complète de la toiture ou pour une construction neuve. Pour sa mise en œuvre il faut prévoir un nombre important d’éléments à assembler, notamment des contre-chevrons, un film pare-poussière, des entretoises, des lames de plafond, des lames pare-pluie, de l’isolant en vrac, et bien sûr, la couverture. L’inconvénient est le niveaude technicité qui doit être équivalent à celui d’un charpentier couvreur et implique de travailler en hauteur, donc, assuré par des dispositifs anti-chutes. L’avantage est la quasi inexistence de ponts thermiques et le coût relativement moins onéreux par l’utilisation d’isolants en vrac.

Isolation par l’intérieur


Au moyen de panneaux ou de rouleaux, c’est le moyen le plus simple d’isoler, car elle peut être réalisée toute l’année. Sa mise en œuvre nécessite une inspection préalable de la charpente et la recherche de la présence probable d’insectes xylophages, c’est-à-dire qui s’attaquent au bois, tels que les termites ou les capricornes. Ensuite, il faut traiter celle-ci si besoin avec un produit boisapproprié, et réparer les éléments détériorés si nécessaire. Pour procéder à la pose il faut prévoir plusieurs éléments : suspentes, fourrures, éclisses de raccordement, connecteurs, rouleaux de laine de verre ou autre matériau isolant, ruban adhésif d’étanchéité, panneaux de plâtre pour la finition, ou de liège pour un résultat optimal.

Isolation par insufflation


Pour la mise en œuvre de ce type d’isolation, il faut prévoir l’aménagement d’un caisson sous les poutres dans lequel on épand un isolant en vrac. Avant de réaliser ces travaux, comme indiqué précédemment, il convient d’inspecter l’état de la charpente.

A noter l’importance de veiller à ce que le système de ventilation du logement soit parfaitement opérationnel et efficace, si tel n’est pas le cas, une réparation ou le remplacement de celui-ci s’impose.

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Laine de verre

Comment isoler les murs

Deuxième source de déperdition thermique, atteignant près de 20% du total du bâtiment, l’isolation des murs est la deuxième étape après la toiture. Pour cela deux solutions.

L’isolation par l’extérieur


Bien que globalement avantageuse, elle ne convient pas à tous les types de façades, avant de vous lancer, renseignez-vous auprès d’un professionnel du bâtiment afin de vérifier sa faisabilité. D’autre part, ces travaux nécessitent l’accord des services de l’urbanisme de votre ville. Les avantages de l’isolation par l’extérieur, l’ITE, sont évidentes : elle ne perturbe pas le quotidien à l’intérieur du logement et n’enlève pas de surface habitable. La mise en œuvre de ce type d’isolation est relativement simple et peut être réalisée de manières diverses, telles que par projection, par l’installation d’un bardage ou encore par la pose de panneaux enduits. Il s’agit, en réalité, d’une double opération : d’isolation et de ravalement de façade. L’inconvénient est son coût élevé.

L’isolation intérieure


Moins onéreuse que l’isolation extérieure, ne modifie pas l’aspect extérieur de la maison. Sa mise en œuvre est réalisée selon des procédés différents. Le plus couramment utilisé est la pose de panneaux isolants par simple collage ou vissage sur des tasseaux en bois. Il faut prévoir un film pare-vapeur, à poser entre l’isolant thermique et les panneaux de finition. D’autres procédés moins utilisés comportent un ouvrage maçonné, par projection ou coffrage en utilisant des enduits isolants, ou encore en fixant un isolant en vrac derrière des panneaux de parement.

A noter également qu’avant ces travaux, il faut disposer d’un système de ventilation optimal et des murs en parfait état.

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Film pare-vapeur

Comment isoler le plancher et limiter les ponts thermiques


Et le sol, y avez-vous pensé ? Cela ne semble pas si évident que ça, et pourtant, le plancher bas représente entre 7 et 10% de perte thermique. Pour ce qui est des ponts thermiques, on est sur un volume équivalent. En additionnant les deux, on obtient donc près de 20% de déperditions thermiques

Pour déterminer le besoin réel et la nature de l’isolation à mettre en place au niveau du plancher bas, il convient de connaître quels sont sa constitution, le type de jonctions murs-plancher et la présence ou non d’un volume d’air sous le plancher.

Les types d’isolation du plancher bas sont nombreux. En voici quelques-uns :

  • isolation sous dalle ;
  • isolation sur dalle ;
  • plancher isolant en maçonnerie ;
  • plancher sur structure en bois ;

Idéalement, c’est le diagnostic thermique qui confirme s’il faut isoler le plancher ou si, au contraire, les faibles déperditions ne justifient pas un tel investissement. Il signalera au passage les divers ponts thermiques de la maison et ceux à traiter en priorité.

Les ponts thermiques ponctuels, c’est-à-dire les points de jonction d’éléments divers qui génèrent une déperdition dans un logement sont, en règle générale, facilement isolés.Les produits pour isoler les ponts thermiques ponctuels sont nombreux et leurs utilisations diverses. En voici quelques-uns :

  • la mousse expansive ;
  • le joint adhésif ;
  • les bas de porte ;
  • le lambris.

Les aides publiques aux travaux d’isolation


Des aides financières aux travaux d’isolation existent, à commencer par le crédit d’impôt de transition énergétique, le CITE.

Plusieurs organismes et administrations locales et de l’état proposent également des aides, il convient donc de bien se renseigner.

Avant de se lancer dans les travaux, il est donc judicieux de remplir un dossier par demande d’aide à chacun des organismes concernés.

De cette manière, il est possible de prévoir, en amont, les financements possibles.

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Albert, Rédacteur, Isère, 90 guides

Albert, Rédacteur, Isère

Le jardinage et le bricolage font partie de mon quotidien depuis longtemps. Aussi bien sur le plan personnel que professionnel. En effet, après des études dans le commerce, j’ai évolué vers les métiers du bâtiment et du paysage : technicien, paysagiste et responsable d’activité. De la maintenance technique d’immeubles à la création des espaces paysagers, en passant par la rénovation de logements, mon expérience m’a permis d’être polyvalent. Les conseils à mes interlocuteurs, particuliers et professionnels, m’ont orienté logiquement vers le métier de rédacteur. C’est donc avec plaisir que je vous apporte mes conseils dans le jardinage et le bricolage. Je sais combien il est utile de savoir choisir ses équipements et de faire ses travaux soi-même. Cela vous permet d’améliorer votre confort à la maison et au jardin, la fierté et les économies en plus !

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