Comment soigner un arbre blessé

Comment soigner un arbre blessé

Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

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Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

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Des agressions diverses peuvent occasionner des blessures sur les arbres, notamment les arbres fruitiers. Le bois, privé de son écorce peut alors faire l'objet d'attaque de la part d'agents pathogènes, surtout des  champignons, si l'on aide pas l'arbre à se défendre en couvrant la plaie d'une couche protectrice.

Caractéristiques importantes

  • Importance de soigner un arbre
  • Type de blessure et soins
  • Surveillance
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Pourquoi est-il important de soigner un arbre blessé


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La blessure d’un arbre peut avoir des origines diverses : une branche peut casser sous l’effet du vent ou de la surcharge de fruits ; le tronc au niveau de l’écorce peut être victime de morsures d'animaux ; les tailles, les greffes  ainsi que les coups d’outils accidentels lors de l’entretien du jardin peuvent également marquer l’écorce - passage de tondeuse à gazon ou de débroussailleuse trop près du tronc etc.

L'arbre n'a pas le pouvoir de cicatriser une plaie comme c’est le cas chez les animaux. Sur une blessure, l’arbre réagit en fabriquant unbourrelet de recouvrement, appelé parfois bourrelet cicatriciel, mais celui-ci se forme lentement, très lentement. On peut alors aider l'arbre mais à condition d'agir rapidement car une blessure constitue une porte d'entrée à la propagation de nombreuses maladies, et notamment celles dues aux champignons.

Les polypores sont particulièrement dangereux. Ils se nourrissent de la lignine et grignotent petit à petit le bois sans que rien n'y paraisse jusqu’à ce que l'arbre dépérisse. Parfois même, un champignon en forme de boule, de sabot de cheval ou de plateau, apparaît  sur le tronc.

Soigner la plaie provenant d'une branche cassée

Si la branche cassée était déjà morte, il est inutile d'intervenir : c'est un phénomène faisant partie de la vie d'un arbre et que la nature gère très bien. N'intervenez que si la branche cassée était vivante et dès que possible, coupez bien proprement à la sciela partie de la branche restée sur l'arbre. Enduisez ensuite la tranche de coupe d'un mastic à cicatriser, aidez-vous d'une spatule en débordant bien sur le pourtour.  Si la branche s'est cassée au niveau du tronc, nettoyez la plaie à l'aide d'une serpetteen enlevant les éclats de bois ou d'écorce et appliquez le mastic sur la plaie.

Si des fentes de retrait se produisent dans le mastic en séchant, repassez une deuxième couche. Dans les mois qui suivent l’opération, prenez particulièrement soin de l'arbre qui est fragilisé. Apportez lui de l'engrais ou du compost et arrosez-le par grande sécheresse.

Mastic de cicatrisation


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Vendu en boîte ou en tube, le mastic à cicatriser est parfois appelé aussi baume à cicatriser ou simplement cicatrisant. Mélange de résine et d'huiles végétales, il se présente sous forme de pâte qui forme une barrière étanche protégeant l'arbre des agresseurs extérieurs (insectes, champignons). Il est souvent complémenté de fongicides.

Malgré leur nom, aucun des cicatrisants n'a le pouvoir de cicatriser ; ils favorisent seulement la formation du bourrelet de recouvrement, seul moyen mis en place par l'arbre pour se défendre.Le mastic à greffer et le mastic à cicatriser sont en fait un même produit. Il existe aussi des cicatrisants en bombe aérosol mais ils sont moins efficaces.

Il y a encore peu de temps, le goudron de Norvège (ou goudron de pin) pour soigner et couvrir les plaies était encore employé. Non seulement il s'avère inefficace, mais il est toxique pour les cellules de l'arbre et il ralentit la formation du bourrelet de recouvrement.

Fabriquer son propre cicatrisant pour le bien-être de l’arbre


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En réalité, l'emploi de mastic cicatrisant est loin de faire l'unanimité, tant chez les arboriculteurs que chez les scientifiques. Les détracteurs estiment que l'on enferme les agents pathogènes dans le bois en créant un milieu chaud et humide, favorable à leur propagation.

Beaucoup de jardiniers préfèrent appliquer un emplâtre de leur fabrication. Ainsi certains ont encore recours à un produit connu depuis plusieurs siècles sous le nom de onguent de Saint-Fiacre. C'est un mélange d'argile et de bouse de vache, à parts égales, dont on enduisait les plaies des arbres fruitiers.

Voici une autre recette : rassemblez dans un récipient 1 volume de bouillie bordelaise (poudre) et 5 volumes d'argile en poudre. Rajoutez petit à petit de l'eau et bien mélanger jusqu'à l'obtention d'un pâte onctueuse. Vous pouvez aussi rajouter un volume d'huile végétale pour éviter que l'argile ne se craquelle en séchant. Étalez au pinceau. Pour le mélange, n'importe quelle argile verte ou blanche du commerce convient mais aussi la terre de votre jardin si elle est très argileuse.

Voir le catalogue ManoMano
Bouillie bordelaise

Doit-on colmater la cavité d'un arbre creux


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On conseillait autrefois de boucher les cavités présentes sur les troncs des arbres par des méthodes toutes aussi préjudiciables. Après des années d’erreurs et moult constats, il s’est avéré que les arbres creux sont capables de vivre en bonne santé  et pendant longtemps.

Les cavités dans les arbres sont des refuges très utiles pour la faune sauvage qui peut par ailleurs  vous rendre de grands services au jardin: abeilles, oiseaux, pics, chouettes, hiboux, passereaux, chauves-souris, écureuils...

La seule intervention que l'on juge opportune de nos jours est d'éviter à l'eau de stagner dans le tronc dans le cas ou l'eau de pluie vient à pénétrer à l'intérieur. Il suffit pour cela de percer un orifice à l'aide d'une perceuse sous l'entrée de la cavité afin de permettre à l'eau de s'évacuer à l'extérieur du tronc.

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Jean-Marie, Jardinier passionné & auteur, Auvergne

Haut comme trois pommes, je travaillais déjà au jardin familial. C'est peut-être de là qu'est né mon intérêt pour les plantes et le jardinage. Il était donc logique pour moi de suivre des études à la fois en biologie végétale et en agronomie.   Accédant à la demande de divers éditeurs, j'ai écrit en 25 ans de nombreux livres sur la thématique des plantes, des champignons (un sujet qui me tient à cœur), essentiellement des guides d'identification dans un premier temps, mais très vite aussi par la suite, sur le jardinage, renouant ainsi avec la première passion de mon enfance.   J'ai aussi collaboré régulièrement à plusieurs magazines spécialisés dans le domaine du jardinage ou plus généralement de la nature. Comme il n'y a pas de jardinier sans jardin, c'est dans un petit coin de l'Auvergne que je cultive le mien depuis 30 ans et où je mets en pratique les méthodes de culture que je vous conseille.

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